Tinmel : berceau de l’État almohade, une page de l’histoire du Maroc au cœur du Haut Atlas
Tinmel : berceau de l’État almohade, une page de l’histoire du Maroc au cœur du Haut Atlas

Dans les hauteurs du Haut Atlas, dans la province d’Al Haouz, se niche le village de Tinmel, l’un des sites les plus emblématiques de l’histoire du Maroc au XIIᵉ siècle. C’est ici qu’est né le mouvement almohade, qui allait devenir par la suite un État dont l’influence s’étendrait sur de vastes territoires du Maroc, d’Al-Andalus et d’Afrique du Nord.
L’importance de Tinmel ne réside pas uniquement dans sa mosquée historique. Le site conserve surtout la mémoire d’une période charnière de l’histoire du Maroc, intimement liée à la figure du Mahdi Ibn Toumert et à l’émergence de l’État almohade.

Tinmel… là où commence l’histoire des Almohades
Ibn Toumert s’installa à Tinmel au VIᵉ siècle de l’Hégire. C’est depuis ce lieu que prit forme le mouvement qui allait être connu par la suite sous le nom de mouvement almohade.
Après sa mort en 1130, il fut inhumé sur place, faisant de Tinmel un lieu à forte portée religieuse et historique pour les Almohades.
Avec la consolidation de l’État almohade, le statut de Tinmel s’est renforcé. Le village s’est progressivement imposé comme un lieu associé à la mémoire de l’État naissant et à son fondateur spirituel.

La Grande Mosquée… un joyau de l’architecture almohade
La mosquée de Tinmel constitue le principal monument du site. Elle aurait été construite par le calife almohade Abd al-Moumen Ibn Ali au milieu du XIIᵉ siècle. Certaines sources spécialisées situent sa construction en 1154.
L’édifice se distingue par une architecture caractéristique de l’art almohade. Il comprend une cour entourée de galeries ainsi qu’une salle de prière composée de neuf nefs, avec un mihrab et des décors géométriques et végétaux.
Certaines parties de la mosquée présentent également des muqarnas, considérées comme faisant partie des premiers exemples de ce type d’éléments architecturaux dans l’Occident musulman.
Le minaret se distingue par ailleurs au-dessus de la zone du mihrab. Sa base rectangulaire mesure environ 9,50 mètres de longueur sur 5,50 mètres de largeur, selon les données du Musée virtuel de l’art islamique.

Tinmel… une mémoire archéologique qui dépasse la mosquée
L’importance de Tinmel ne se limite pas à sa mosquée. Le site conserve d’autres vestiges archéologiques qui témoignent de l’importance que revêtait la région à l’époque almohade.
Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication indique notamment la présence des vestiges d’une enceinte almohade s’étendant sur environ 700 mètres et renforcée par des tours, constituant ainsi un dispositif défensif destiné à protéger le site.
Les vestiges archéologiques de la mosquée de Tinmel ont été classés au patrimoine national dès 1925. Ce classement a ensuite été étendu à plusieurs autres vestiges présents sur le site.


Le séisme d’Al Haouz… un coup dur porté à une mémoire vieille de plusieurs siècles
Le 8 septembre 2023, la mosquée de Tinmel a subi d’importants dégâts à la suite du séisme qui a frappé la région d’Al Haouz. L’UNESCO a confirmé que la mosquée, inscrite sur la liste indicative du patrimoine mondial, avait subi de graves dommages allant jusqu’à un quasi-effondrement.
Cette précision revêt une importance particulière : la mosquée de Tinmel ne figure pas actuellement sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle est en revanche inscrite sur la liste indicative marocaine du patrimoine mondial depuis 1995.

De la restauration à la préservation de la mémoire
Le séisme d’Al Haouz a remis au premier plan la nécessité de protéger ce monument historique, alors même que des travaux de restauration et de réhabilitation de la mosquée avaient commencé avant le tremblement de terre.
Le ministère des Habous et des Affaires islamiques ainsi que le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication avaient supervisé un projet de réhabilitation de la mosquée, en s’appuyant notamment sur des études et des recherches archéologiques dans le cadre des travaux de restauration.
Un projet de création d’un musée à proximité de la mosquée avait également été annoncé afin de faire connaître l’histoire de Tinmel et le rôle qu’elle a joué dans la civilisation almohade.
Il ne s’agit donc pas seulement de reconstruire un monument historique, mais aussi de préserver la mémoire d’un site intimement lié à la naissance de l’un des États les plus importants de l’histoire du Maroc.
Tinmel… un autre visage du tourisme culturel à Al Haouz
Tinmel possède des atouts qui en font bien plus qu’un simple site archéologique. Le village réunit histoire, architecture, montagnes et mémoire locale, autant d’éléments qui lui confèrent un potentiel important dans le domaine du tourisme culturel.
L’inscription de la mosquée de Tinmel sur la liste indicative du patrimoine mondial depuis 1995 témoigne également de la valeur accordée au site au niveau national dans le cadre du patrimoine mondial.

Tinmel… une histoire qui n’est pas encore terminée
Tinmel n’est pas seulement une mosquée fragilisée par le séisme d’Al Haouz, ni de simples vestiges d’un État disparu depuis plusieurs siècles. Le site constitue une mémoire vivante, ouverte sur l’une des périodes les plus importantes de l’histoire du Maroc.
Entre la mosquée, les vestiges des anciennes murailles et les montagnes qui entourent le site, l’histoire de Tinmel se poursuit, dans l’attente de nouvelles découvertes et d’un travail accru de documentation.
Pour « Ourika Press », un nouveau rendez-vous avec Tinmel est prévu directement depuis le site.
À notre retour de la couverture médiatique du Salon du Cheval d’El Jadida, nous prendrons la route de Tinmel afin de vous faire découvrir des images originales du site, l’état de la mosquée et l’avancement des travaux de restauration, les vestiges de l’ancienne cité, la route menant à Tinmel ainsi que des témoignages et des informations recueillis directement sur place.




