Barrage collinaires d’Oukaïmeden : un réservoir d’eau au cœur du Haut Atlas
Barrage collinaires d’Oukaïmeden : un réservoir d’eau au cœur du Haut Atlas

Ourika Press – Guide touristique d’Ourika
Dans les hauteurs du Haut Atlas, à une altitude élevée au cœur des montagnes de la province d’Al Haouz, Oukaïmeden est souvent associée à la neige, aux paysages montagneux et aux pâturages d’altitude. Pourtant, derrière ce décor naturel se trouvent également des aménagements hydrauliques qui jouent, depuis plusieurs décennies, un rôle dans la conservation de l’eau et dans l’évolution du paysage environnant.
Parmi ces ouvrages figure le barrage collinaire d’Oukaïmeden, un petit réservoir situé à proximité de la station, qui fait aujourd’hui partie intégrante du paysage montagnard de la région.
Lors d’une visite de terrain à Oukaïmeden, Ourika Press a réalisé des photographies exclusives de l’ouvrage et de ses environs, ainsi qu’une vidéo permettant de découvrir de plus près ce site où se rencontrent l’eau, la montagne, le pastoralisme et la nature.
Un petit réservoir au milieu des montagnes de l’Atlas
Le barrage se trouve dans les environs du plateau d’Oukaïmeden, dans la partie élevée du bassin versant de l’Ourika, où se côtoient reliefs rocheux, pâturages et cours d’eau saisonniers.
Des études scientifiques attestent de la présence d’un barrage sur le plateau d’Oukaïmeden depuis les années 1970. Des recherches consacrées aux zones humides de la région indiquent également que sa construction a contribué à l’extension des espaces humides voisins, en permettant à l’eau de rester plus longtemps dans le milieu naturel.
L’ouvrage ne doit donc pas être considéré comme un simple réservoir isolé au milieu des montagnes, mais comme un élément qui s’est progressivement intégré au fonctionnement du paysage naturel environnant.

Des pluies et des neiges à l’origine de toute une dynamique hydrique
Oukaïmeden connaît un climat montagnard marqué, avec d’importantes chutes de neige en hiver, auxquelles s’ajoutent des précipitations dont les quantités varient d’une année à l’autre.
La neige joue un rôle particulier dans le cycle de l’eau en altitude. Elle peut rester plusieurs mois sur les secteurs élevés avant de commencer à fondre progressivement avec la hausse des températures et l’arrivée du printemps.
Des travaux scientifiques consacrés à la région indiquent que la couverture neigeuse sur certaines parties du plateau d’Oukaïmeden peut persister de novembre jusqu’à la fin avril ou au début du mois de mai. La fonte progressive de cette neige contribue ensuite à alimenter les cours d’eau et les zones humides du secteur.
Ainsi, l’eau qui arrive à Oukaïmeden ne provient pas d’une seule source : les pluies et les neiges participent ensemble à un cycle hydrologique étroitement lié à l’altitude, au relief et aux conditions climatiques.

Un paysage qui change au fil des saisons
Le visiteur qui découvre Oukaïmeden en été peut apercevoir un réservoir entouré de rochers et de pâturages. Pourtant, le même paysage se transforme profondément en hiver.
Avec les chutes de neige, les montagnes se couvrent d’un vaste manteau blanc et certaines parties du relief disparaissent temporairement sous la neige.
Puis, à la fin de la saison froide, la fonte progressive restitue l’eau aux différents cours d’eau, aux dépressions naturelles et aux zones humides.
Cette évolution saisonnière donne au barrage et à son environnement une apparence très différente selon la période de l’année choisie pour découvrir la région.
L’eau et la vie pastorale
Il est difficile de parler d’Oukaïmeden sans évoquer le pastoralisme de montagne.
La région est connue pour ses pâturages d’altitude qui accueillent, durant la saison pastorale, des troupeaux liés aux communautés locales. Cette activité fait partie depuis des générations de la relation entre les populations et les espaces montagneux.
Les sources consacrées à Oukaïmeden soulignent d’ailleurs l’importance de ses pâturages d’altitude et la montée saisonnière de troupeaux appartenant notamment aux communautés de l’Ourika et de Rheraya.
Dans un environnement aussi montagneux, la présence de l’eau constitue naturellement un élément essentiel pour les populations, les animaux et la végétation.
C’est ce qui donne tout son intérêt à la présence de petits ouvrages hydrauliques, même lorsqu’ils n’ont pas les dimensions des grands barrages du Maroc.

Un élément d’un écosystème plus vaste
Les études consacrées au plateau d’Oukaïmeden montrent que les zones humides et les pâturages d’altitude sont étroitement liés à la présence et à la circulation de l’eau dans les sols, les cours d’eau et les dépressions naturelles.
La construction du barrage dans les années 1970 a également contribué à modifier la répartition de certaines zones humides autour de l’ouvrage.
Son influence ne se limite donc pas à la quantité d’eau qu’il peut retenir : elle peut également se manifester à travers les interactions entre l’eau, le sol, la végétation, les troupeaux et les populations dans cet environnement montagneux fragile.
Un autre visage d’Oukaïmeden loin de la neige
Dans l’imaginaire collectif, Oukaïmeden est souvent synonyme de neige et de tourisme hivernal.
Mais la région possède d’autres visages tout aussi intéressants : pâturages, zones humides, cours d’eau, reliefs rocheux et, surtout, un patrimoine humain ancien qui a fait d’Oukaïmeden un site majeur de l’art rupestre au Maroc.
Découvrir la région en été permet ainsi de rencontrer une autre Oukaïmeden, différente de celle que l’on connaît pendant la saison des neiges.

Du barrage à une histoire plus ancienne que l’eau
Et c’est peut-être là que réside l’une des particularités de ce lieu.
L’histoire du barrage ne s’arrête pas à l’eau.
À proximité de cet ouvrage se trouvent des rochers portant des traces, des dessins et des gravures laissés par l’homme à des périodes anciennes, témoignant de la présence humaine dans ces montagnes depuis des milliers d’années.
C’est ici que commence une autre histoire d’Oukaïmeden, une histoire racontée non pas par l’eau, mais par la pierre.
Dans le prochain épisode du « Guide touristique d’Ourika », nous quitterons les rives du réservoir pour nous rapprocher de l’un des patrimoines les plus fascinants d’Oukaïmeden : les gravures rupestres qui font de cette région un site majeur pour l’étude de l’art rupestre dans le Haut Atlas et au Maroc.
Si le barrage conserve l’eau, les rochers, eux, conservent la mémoire.
Photos et vidéo : Ourika Press




