Réforme du Conseil national de la presse : les syndicats et éditeurs marocains dénoncent une atteinte à l’indépendance des médias
Réforme du Conseil national de la presse : les syndicats et éditeurs marocains dénoncent une atteinte à l’indépendance des médias

Les organisations professionnelles rejettent le projet de loi 09.26
Plusieurs organisations syndicales et professionnelles représentant le secteur de la presse et de l’édition au Maroc ont exprimé leur rejet catégorique du projet de loi n°09.26 relatif à la réorganisation du Conseil national de la la presse. Elles estiment que ce texte menace l’indépendance de l’autorégulation de la profession et ouvre la voie à une forme de “tutelle et de contrôle” du secteur médiatique.
Dans un communiqué conjoint, le Syndicat national de la presse marocaine, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, l’Union nationale de la presse, des médias et de la communication, le Syndicat national des médias et de la presse, ainsi que la Confédération marocaine des éditeurs de médias électroniques, ont affirmé que le projet actuel ne répond pas aux revendications des professionnels du secteur et consacre une logique d’hégémonie sur les institutions représentatives des journalistes et des éditeurs.
Critiques contre l’adoption du texte par la Chambre des représentants
Les organisations ont exprimé leur mécontentement face à l’adoption du projet dans sa version actuelle par la Chambre des représentants, qualifiant cette démarche de “précédent dangereux” et de contournement de l’esprit de la décision de la Cour constitutionnelle.
Selon elles, cette réforme transformerait le Conseil national de la presse d’une institution fondée sur la démocratie professionnelle en un mécanisme d’exclusion et de tutelle.
Elles ont également dénoncé ce qu’elles considèrent comme une “domination gouvernementale” lors des débats parlementaires, soulignant le rejet de tous les amendements proposés par l’opposition, ce qui constituerait une atteinte aux principes du pluralisme politique et de la législation participative garantis par la Constitution.
Polémique autour des déclarations du ministre de tutelle
Les organisations professionnelles ont exprimé leur étonnement face aux déclarations du ministre chargé du secteur, estimant qu’elles comportaient des positions préalables concernant l’avenir du projet, la composition du Conseil et sa date d’entrée en vigueur.
Elles considèrent ces propos comme un dépassement du processus législatif et une atteinte au rôle des institutions parlementaires et des organes de gouvernance.
Mise en garde contre les tensions et l’escalade
Les organisations ont tenu le gouvernement pour responsable de la tension que connaît actuellement le secteur de la presse et de l’édition, appelant à une révision du projet conformément à la Constitution marocaine, au Code de la presse et de l’édition, ainsi qu’aux engagements internationaux relatifs à la liberté d’expression.
Elles ont également appelé les membres de la Chambre des conseillers à assumer leurs responsabilités constitutionnelles afin de contrer les dispositions portant atteinte à l’indépendance de la profession et à l’autorégulation.
Appel à un front de défense de la liberté de la presse
Dans la conclusion de leur communiqué, les organisations ont affirmé leur volonté de poursuivre la recherche d’alternatives garantissant une véritable autorégulation de la profession, loin des “décisions unilatérales et de la logique de tutelle”.
Elles ont également appelé les forces démocratiques et les organisations de défense des droits humains à rejoindre un large front pour défendre la liberté de la presse et le droit de la société à une information libre, indépendante et pluraliste.




