SANTÉ ET FAMILLE

Cherté des moutons et mortalité des béliers : la joie de l’Aïd vire au calvaire pour les familles marocaines

Cherté des moutons et mortalité des béliers : la joie de l’Aïd vire au calvaire pour les familles marocaines

Une flambée des prix qui choque les citoyens

De nombreux Marocains ont été surpris cette année par la hausse vertigineuse des prix des moutons de l’Aïd, particulièrement durant les quatre derniers jours précédant la fête. Les tarifs ont atteint des niveaux sans précédent, mettant à rude épreuve les familles modestes et de la classe moyenne.

Mais au-delà de cette flambée des prix, un autre phénomène a accentué la colère et l’inquiétude des consommateurs : plusieurs cas de mortalité de béliers ont été signalés quelques heures seulement après leur achat ou quelques jours plus tard, provoquant de lourdes pertes financières et un profond sentiment de frustration chez les citoyens.

Des dysfonctionnements dans l’élevage et la commercialisation

Selon plusieurs observateurs, le problème de la mortalité des moutons ne peut être attribué à une seule cause, mais résulte plutôt de multiples dysfonctionnements touchant le secteur de l’élevage et du commerce du bétail au Maroc.

Les changements climatiques, les fortes chaleurs et la raréfaction des pâturages naturels figurent parmi les facteurs ayant impacté la santé du cheptel et la qualité de l’élevage ovin ces dernières années.

Par ailleurs, la forte pression exercée sur les marchés à l’approche de l’Aïd pousserait certains éleveurs et commerçants à recourir à des méthodes peu saines afin d’accélérer l’engraissement des animaux et maximiser leurs profits en un temps réduit.

Produits nocifs et spéculation des intermédiaires

Dans ce contexte difficile, plusieurs citoyens et professionnels expriment leurs inquiétudes face à l’utilisation présumée de substances nocives par certains spéculateurs et intermédiaires afin d’augmenter artificiellement le poids et le volume des moutons.

Des pratiques consistant à faire absorber de grandes quantités d’eau et de sel aux animaux avant leur mise en vente permettraient aux béliers de paraître plus imposants, avant que des signes de fatigue ou de maladie n’apparaissent par la suite.

Des spécialistes du secteur agricole estiment que ces pratiques portent atteinte à la crédibilité du marché et à la confiance des consommateurs, notamment en raison de l’insuffisance des contrôles permanents dans les espaces de vente de bétail.

Le citoyen ordinaire paie le prix fort

Les familles marocaines les plus modestes demeurent les principales victimes de cette situation. Après plusieurs mois d’économies pour acheter un mouton et offrir la joie de l’Aïd à leurs enfants, certaines se retrouvent confrontées à la perte brutale de leur sacrifice ou à la dégradation de son état de santé.

Alors que cette fête religieuse devait être synonyme de solidarité et de réjouissance, elle s’est transformée pour plusieurs foyers en source de tristesse et de déception.

Appels à renforcer les contrôles

Face à cette situation, des citoyens et des acteurs associatifs réclament un renforcement permanent des commissions vétérinaires de contrôle dans les marchés et points de vente, ainsi que des sanctions sévères contre toute personne impliquée dans l’utilisation de substances dangereuses ou dans la manipulation de l’état sanitaire du cheptel.

Des campagnes de sensibilisation ont également été demandées afin d’aider les consommateurs à choisir des moutons sains et de mettre en place des mécanismes clairs de protection et d’indemnisation des victimes de fraude.

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